Alors...................
Être seul à dix ans, c'est triste. On ne comprend pas pourquoi les autres enfants ne veulent pas jouer avec vous. Puis peu à peu, on s'amuse seul. On s'invente un monde rien qu'à soit, et parfois un ami imaginaire.
Être seul à treize ans, c'est un peu plus dur. C'est la période de l'adolescence, d'une reconnaissance. On se cherche. On envie un peu ceux qui vivent en bande, en copains ou les premiers flirts et on scrute avec presque de la jalousie, ceux et celles qui marchent grouper dans les rues.
Être seul à seize ans, c'est être un adolescent solitaire. C'est tombé amoureux d'une fille et de savoir qu'elle ne vous regardera jamais. Vous êtes seul et vous n'avez personne à qui confier les sentiments qui vous traverse l'esprit et le corps et surtout que vous ne savez pas comment vous y prendre avec la personne aimée. Alors vous cherchez et puis vous oubliez...
Être seul à dix huit ans, c'est de se rendre compte que ceux que vous croyez vos amis (es) ne l'étaient pas. C'est ce retrouver majeur devant cette inconnue immense et presque effrayante qu'est l'indépendance de devenir adulte. C'est déjà le moment où vous vous rendez compte que c'est aussi très excitant. Alors vous sortez et vous rencontrez la personne qui va briser cette solitude. Mais très vite, vous vous rendrez compte que ce n'était qu'un mirage...
Être seul à vingt ans, c'est découvrir que le premier amour n'était pas celui que vous aviez rencontrer. C'est l'apprentissage maladroit de la sexualité, même si vous avez déjà eu des relations à ce que vous croyiez le grand amour. Ce n'est plus du jeu, c'est la réalité du monde adulte. C'est beau, c'est merveilleux. Pour ceux qui sont seul, c'est là aussi une source de grande excitation. Mais très vite vous vous retrouvez seul, maudissant la personne qui vous a dit « je t'aime ». Car c'était faux et vous vous retrouvez seul dans votre chambre à vous demander pourquoi...
Être seul à vingt cinq ans, c'est être un aventurier ou un tonton pendant que vos frères et soeurs et vos amis (es) sont déjà parents. Les enfants de vos frères et soeurs arrivés ne vous lâche plus. Vous êtes Le héros. Mais lorsque les cris et les rires cessent, et que vous rentrez chez vous, vous êtes comme un naufragé au milieu de l'océan.
Être seul à trente ans, c'est pire qu'une maladie. Vous êtes devenu suspect. Qui avez vous tuer ? Où étiez vous le jour où le chat du voisin s'est fait écraser ? Êtes vous normal ? Toutes ces questions que vous n'entendrez jamais, mais que les gens, les éventuels amis (es) où la famille se pose derrière votre dos. Ainsi, le héros est devenu l'ennemi public numéro 1. Si la solitude est votre compagne, vous vous dites que bien des aventures vous attende. C'est parfois vrai, c'est parfois faux. Alors, on se raconte des histoires...
Puis le temps passe, certaines personnes se rendent compte qu'elles ne sont pas seules. Pour elles, c'est la fin du cauchemar.
Et puis, il y a la vraie solitude. Celle qui colle à la peau, du mâtin jusqu'au soir. Celle qui vous laisse vous endormir seul dans votre lit et vous réveille le mâtin encore plus solitaire dans votre miroir qu'on ose à peine se regarder. Envie de rien, mais comme un espoir qui vous donne la force de vivre.
Alors la solitude est en vous. Elle ne vous quittera pas, elle ne vous lâchera plus. Vous y êtes devenu accro', et tellement accro' que vous ne pouvez plus vivre sans elle.
Puis vient la solitude totale. Là, vous êtes vraiment seul. On vous oublie, vous carnet d'adresse est usé et vide. Vous n'avez ni amis, ni amour. Vous êtes plus abandonné qu'un chien en forêt. Les gens meurent autour vous. Et c'est ainsi que la solitude s'installe complètement et vous venez d'en prendre cruellement conscience. Tout est vide autour de vous.
Dans cette situation il y a deux cas.
Le faux solitaire panique et court dans tous les sens à la recherche de quelqu'un qui pourrait abattre la bête qui l'accompagne du doux nom de solitude. Certain y arrive, d'autres pas.
Et puis, il y a l'unique, la pièce rare du solitaire. Ne voulant point quitter sa douce amie qui l'accompagne depuis si longtemps, il construit sa vie en fonction de celle qui n'a jamais failli, qui ne l'a jamais abandonné. Lorsque que ce jour arrive, où la solitude est totale, c'est l'hystérie. On se sent fort, presque invulnérable. C'est comme si rien ne pouvait vous atteindre. Et puis la dure réalité de la vie arrive. Alors, vous vous rendez compte que votre amie, cette douce solitude, était votre pire ennemie.
Alors vous devenez gris